un résumé de la période 1984 - 2000
Dès 84, les Verts se crééent d'une fusion de partis, et de courants de pensées multiples : tiers-mondistes, féministes, anti-nucléaires, protecteurs de l'environnement, etc. Plusieurs revirements dans leur positionnement stratégique les amèneront d'une recherche d'alliances dans la gauche alternative (84-86) au ni-ni (86-93) puis à l'autonomie contractuelle. Suite au départ de Waechter, en 94, l'orientation est simple : s'il faut des alliances, elles doivent se faire à gauche. Reste à savoir quand en faire, et avec quelle gauche. C'est un débat toujours d'actualité.
2000 : une AG fédérale mouvementée et six motions d'orientations
Lors de l'Assemblée fédérale de Toulouse, 6 motions sont déposées. Chacune exprime sa vision des Verts pour les 2 années à venir, marquées par les municipales, les législatives et la présidentielle !
ALV (Autrement les Verts) : certains des Verts Pluriels, menés par Voynet, qui en 93 ont fait basculer les Verts du ni-ni au à gauche toute, s'en sont désolidarisés en 1997, car ils ne souhaitaient pas d'alliance avec le PS (certains par principe, d'autres en raison d'un rapport de forces insuffisant avec le PS). A eux se sont joints ceux arrivés en 98 en provenance de l'Alternative Rouge et Verte, descendance du PSU. C'est la tendance qualifiée de "gauche du mouvement", car elle est très attachée au positionnement "présence institutionnelle ET dans le mouvement social". Dans les faits, la participation au mouvement social est souvent privilégiée à l'exercice du pouvoir (12,04% des votes).
Dynamiques vertes, une gauche d'avance : regroupement de trois écoles. L'une, autour de Guy Hascoët (Dyn@miques), a toujours penché pour des accords avec les grands partis de gauche. L'autre, La Gauche Écologiste, arrivée en 98 aux Verts, elle-même regroupement de deux sensibilités (des ex du PCF, passés par la Convention pour une Alternative Progressiste, et de Convergences Écologie Solidarité, petit parti créé par Noël Mamère après son départ de Génération Écologie et son élection sur la liste Tapie en 94) ; Sursaut, enfin, issue d'ALV, composée autour d'anciens de la LCR, et regroupée autour de Francine Bavay. DVGA prône à la fois l'institutionnalisation et l'autonomie face au PS, tout en avouant régulièrement qu'il est plus dans l'intérêt des Verts de s'inscrire dans l'exercice du pouvoir que dans l'autonomie (22,79%).
Maison Verte : composée autour de personnes issues de Dyn@miques, qui ne voulaient pas fusionner avec Mamère (comme Marie Blandin), de personnes en rupture de ban avec la Gauche Écologiste (tel Pocrain) et d'anciens d'ALV (tel Contassot). Ce courant s'est réuni autour de propositions sur le fonctionnement des Verts, tout comme Écologie et Démocratie en 98, qui obtint 2,13% en 2000. Maison Verte insiste également sur l'écologie populaire (15,36% des voix).
Ouverts : composé des héritiers directs des Verts au pluriel, qui ont longtemps plaidé pour la création d'un pôle alternatif à gauche (Arc en Ciel en 86, campagne Voynet en 95), Ouverts est devenue la tendance la plus ouvertement pro-accords avec le PS. Ce courant se regroupe essentiellement autour de Voynet et de ses fidèles, dont Lipietz jusqu'à l'épisode de la présidentielle (33,24%).
Vert Écolo : né de la fusion entre les Verts Résolument Écologistes (créés en 94, pour faire contrepoids au possible virement trop brutal à gauche des Verts, suite au départ de Waechter) et des anciens membres du Parti Ecologiste de Piétrasanta (petit parti, né d'une des scissions de Génération Écologie, en 94). Courant qui se veut "le pôle écologiste des Verts" (14,43%). Laissant entendre que certains le seraient moins qu'eux ! ?
Ouverts, DVGA et Vert Ecolo ont composé la majorité à Toulouse, après des négociations mouvementées. Après Toulouse, deux questions vont structurer le débat au sein des Verts : la désignation du candidat à la présidentielle ainsi que l'attitude aux élections municipales, puis législatives. L'élection puis l'éviction de Lipietz, et les AG de St Denis et de Nantes (janvier et février 2002), pour discuter d'accords avec le PS, vont bouleverser les tendances de Toulouse.